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Accompagner vers l’autonomie

Accompagner nécessite des outils et pour les utiliser, il est important de les maîtriser. Ce sujet en fera un survol bien superficiel mais les liens que je proposerai vous inviteront à rechercher par vous-même les moyens d’aller plus loin.

Du nucléaire au marteau, chaque outil va déprendre de l’éthique de celui qui l’utilisera et non de l’outil en soi.  Avec un marteau, je peux me taper sur le doigt à cause de ma dyspraxie ou taper sur mes voisins qui font du bruit (je vous laisse décider l’action la plus éthique). Ainsi donc, je proposerai des techniques que l’on retrouve dans la tant décriée ABA. Libre à vous de ne pas l’utiliser, libre à vous aussi de réfléchir à un usage éthique des principes ainsi développés. Les critiques que je formulerai pour chaque outil doivent aussi inviter à une réelle réflexion sur leurs limites. Ceux qui suivent mes formations ne seront pas dépaysés, même si celles-ci sont forcément plus complètes.

Dans une première partie, je développerai les outils plutôt comportementaux, dans une deuxième ceux visuels et enfin triptyque oblige, j’évoquerai ce que je considère comme un bon usage avant tout. Tout cela est en partie issu de diverses formations que j’organise pour donner aux parents les moyens d’accompagner leurs enfants autistes.

I) Les outils comportementaux :

          A)La guidance :

 

La guidance est un élément ajouté pour s’assurer de la réussite d’un comportement souhaité. Elle permet souvent de réduire les comportements problématiques suite à l’échec face à une tâche demandée.

aide

 

Pourquoi utilise-t-on la guidance ?

  • Face à une analyse de tâche complexe (nous le verrons plus tard « mettre un masque », se laver les mains).
  • Pour que l’enfant ou l’adulte ne se sente pas en situation d’échec et que la motivation baisse
  • Dans une perspective de réduction ou d’estompage de guidance, nous aidons l’enfant au départ en lui retirant une part des difficultés et en le guidant puis nous avons une volonté d’estomper les tâches
  • On choisira une guidance de la plus forte à la plus faible ou de la plus faible à la plus forte, selon le profil de l’enfant et peu à peu on diminuera l’aide
  • à cause des faiblesses dans les fonctions exécutives

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Avantages

Inconvénients
Réduction des comportements préjudiciables liés à la frustration

Toute guidance doit être estompée, parfois les enfants ont à cause de cette absence d’estompage, un besoin d’approbation pour faire chaque pas

Permet d’autonomiser sur des tâches complexes

Risque de ne pas laisser la chance à la personne de montrer ce qu’elle peut faire

Permet de maintenir la motivation sur une tâche

Une infographie réalisée par mes soins sur les guidances:

Guidance

 

Pour aller plus loin:    lien vers une vidéo et un article sur les guidances

B) Le renforcement :

Attention, chers lecteurs, ça va un peu jargonner, mais où serait le plaisir d’avoir suivi (pour ma part) des formations à 1000€ si ce n’est pas pour jargonner un peu :

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En gros, le stimulus contrôle c’est ce qui se passe généralement avant un comportement, genre « le téléphone sonne » si le comportement est « je décroche ». J’ai essayé sans que ça sonne, vous pouvez le faire, ça ne fonctionne pas. Déjà que ceux qui essaient de me joindre peuvent dire que ça ne fonctionne pas avec (surtout si vous avez un numéro privé). Bref donc ça peut être « fais ton exercice », je vois du pain et je me tape pour l’avoir (Lien vers article comment comprendre un comportement)

Outre le stimulus contrôle, le point important est le renforcement, c’est ce qui va maintenir le comportement. Dans ce paragraphe, je n’évoquerai que les renforçateurs positifs mais vous pouvez lire ici un article plus large: Comprendre les comportements d’une personne autiste. Autrement dit, si je monte chaque fois dans ma voiture et qu’elle ne démarre pas, je vais finir par ne plus essayer. A l’inverse si je fais une activité plaisante, en général je vais réitérer, c’est le like que vous mettrez ou pas à mon article et qui m’incitera à en écrire d’autres (si le renforcement social était vraiment au cœur de mes préoccupations) et c’est là qu’arrive le plus important :

Qu’est-ce qu’un renforçateur et pourquoi proposer des renforçateurs artificiels aux personnes autistes ?

Tout simplement parce que contrairement aux personnes typiques, certains renforçateurs naturels chez d’autres sont peu présents. Ainsi si beaucoup d’éducateurs hurlent bravo à un enfant qui a mis 2 pièces de puzzle en lui donnant ¼ de bonbon, ce n’est pas que ces gens sont enthousiastes, ils lient un renforçateur naturel déjà existant et tentent d’y associer un nouveau renforçateur.  A l’instar de Pavlov et son fameux chien qui liait un renforçateur clochette avec la nourriture canine.

Un stimulus contrôle pour Pavlov

CPT2

De nombreux tests sont utilisés pour connaître les renforçateurs, je n’en proposerai qu’un ici le questionnaire indirect :

 

II) L’accompagnement en pratique

          A)L’apprentissage sans erreur :

Difficile d’évoquer la guidance sans l’apprentissage sans erreur :

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(Je n’arrive pas à lire/identifier la source mais merci de me l’envoyer si vous la connaissez)

Guidance immédiate au moment de la présentation de l’antécédent, afin de maintenir un taux de réussite important, de préserver la motivation et de réduire l’exposition à l’erreur. On utilise alors le principe de guidance de la plus forte à la plus basse Ensuite, après avoir réduit la complexité pour s’assurer de la réussite, il est possible de complexifier la cible (exemple: l’apprentissage du vélo, on commence par mettre à côté d’un trottoir pour que la personne puisse y monter).

Etudes pour les TND: https://cutt.ly/cuUcuKh
pour la T21 : https://cutt.ly/auUcx0y

Avantages

Inconvénients

L’apprentissage sans erreur est très utile globalement pour maintenir la motivation

Le risque de manque de défi pour certains profils

Il permet sans réduire les attendus, de complexifier peu à peu les tâches

Le regard porté sur l’idée d’apprentissage sans erreur et l’idée sociétale que l’erreur est constructive

Il nécessite un programme complet de travail

Petite vidéo sur l’apprentissage sans erreur de Youtube, sauriez-vous me dire ce qui n’est  pas cohérent dans cette vidéo?

          B) Le chaînage des tâches :

Le chaînage suit un ensemble de tâches séquentielles dont l’achèvement de la précédente est nécessaire à la suivante. Il consiste d’abord à écrire toutes les tâches puis à  guider l’enfant dans tous les comportements nécessaires à l’acquisition de la tâche

Pourquoi utiliser un chaînage :

  • Quand une habileté suit une suite d’actions dont la réalisation dépend de la réussite de chacune de ses sous-tâches
  • Quand des actions s’appuient globalement sur la même routine et s’appliquent de façon quasi identique
  • Quand un enfant, lors d’une tâche, maîtrise certaines actions mais pas l’ensemble de la tâche
  • Quand contrairement au façonnement, on vise un ensemble d’actions et que la réalisation ne doit pas être approximative

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Le chaînage avant  (la personne est guidée puis mise en autonomie sur la première tâche)

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Le chaînage arrière(on commence par guider puis estomper la dernière tâche) :

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Le chaînage total quand la personne connait des morceaux de tâche, nous guidons, estompons l’ensemble des tâches

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Pour aller plus loin : Analyse de tâche

III) Les règles éthiques liées à l’intervention :

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le fait que des personnes autistes aient interrogé les interventions a permis à l’ABA de clarifier ses positions, ansi donc j’ai suivi un module où justement les professionnels soulignent les dérives « validistes ». Bien entendu ce n’est pas propre à l’ABA mais à l’éthique des personnes

  • La première étape consiste d’abord à identifier le profil de la personne ensuite de comprendre la personne et enfin d’accompagner (encore un triptyque)
  • Chaque cible d’intervention doit être utile pour la personne avant tout et secondairement pour son entourage. Ainsi aucune visée de réduction des autostimulations ne sera mise en place sauf si celles-ci sont dangereuses pour la personne. De même, on s’interdira de faire du contact oculaire un but.
  • Autant que possible, partez de ce qu’aime l’enfant, par exemple s’il est autiste parter sur ses intérêts spécifiques
  • On privilégiera l’autogestion des personnes autistes (c’est-à-dire le moyen de pleinement les autonomiser y compris dans le cadre de l’autisme non verbal, leur permettant de choisir elles-mêmes leur conséquence)

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Tableau librement inspiré des différentes formations sur le selfmanagement

Pour aller plus loin : Autogestion en anglais

 

  • Toute guidance doit s’estomper, idéalement il faut éviter toute guidance physique totale

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Autre exemple d’estompage (passage d’un picto à du texte en étapes):train_picto_texte_etapes

  • Tout renforçateur doit être varié et être estompé, on privilégiera ainsi des ratio variables où la personne reçoit un encouragement toutes les X réponses en moyenne mais sans savoir exactement quand. On visera aussi à privilégier les renforçateurs naturels (c’est-à-dire que l’activité soit en elle-même utile et appréciée par l’enfant ou l’adulte)
  • La soumission n’est jamais le but c’est l’autonomie qui est l’objectif.  Aussi il faut apprendre à la personne à savoir s’opposer, dire « non », « refuser « 
  • Se refuser à utiliser du langage infantilisant ou des procédures infantilisantes au regard de l’âge, du développement de la personne. 
  • Aucune guidance inutile ne doit être mise en place, aussi il faut évaluer lors d’une ligne de base, les capacités de l’enfant/adulte autiste
  • Favoriser la généralisation (des personnes, des lieux, des réponses) et privilégier les contextes naturels d’apprentissages (un prochain article sera rédigé sur le sujet)
  • Toute mise en place doit faire l’objet d’une évaluation

Pour aller plus loin :http://aba-sd.info/?cat=28

Un livre qui vient de sortir : livre en français sur l’éthique

Conclusion :

Un sujet long qui bien entendu mériterait plus qu’un article, je n’ai pas évoqué la CAA, les outils visuels, le vidéo modeling, les scénarios sociaux etc. Toutefois, j’espère qu’il engage à réfléchir à l’accompagnement, à l’usage des outils disponibles quels qu’ils soient. Quand j’interviens auprès d’une personne qu’elle soit un enfant ou un adulte autiste, je m’interroge toujours sur l’intervention. Aussi ai-je à cœur d’évaluer l’existant (j’écrirai un article sur les outils d’évaluation) et ensuite de travailler avec son entourage et quand c’est possible avec lui-même les objectifs de l’intervention.

J’espère par cet article, avoir replacé les outils dans ce qu’ils sont, à l’instar des lois de la science, quelque chose de neutre mais qu’il convient d’appréhender avec une réelle éthique, sous peine de réduire l’estime et la motivation des personnes autistes. Enfin je dirais votre motivation doit toujours être le bien-être de la personne elle-même et son autonomie. Fort de cela, l’éthique n’est plus un problème, même si comme le dit l’expression triviale, « l’enfer est souvent pavé ou paré même de bonnes intentions »

N’hésitez pas à liker, à commenter pour me renforcer, à me proposer de l’aide tout en maintenant ma motivation:
https://www.facebook.com/Aspieconseil/

Pour aller plus loin :
La formation PUFADSA  que je recommande vivement(150€): https://sites.google.com/site/pufadsa/descriptif-de-pufadsa

La formation gratuite de l’INSHEA: https://www.autisme-en-ligne.eu/

Les formations proposées par les organismes de formations (FORMAVISON, EDI-FORMATION)

Quelques études

Guidance :

  • Ingvarsson, E. T., & Hollobaugh, T. (2011). A comparison of prompting tactics to establish intraverbals in children withautism. Journal of Applied Behavior Analysis, 44(3), 659-664. doi: 10.1901/jaba.2011.44-659
  • Cihak, D. F., & Grim, J. (2008). Teaching students with autism spectrum disorder and moderate intellectual disabilities to use counting-on strategies to enhance independent purchasing skills. Research in Autism Spectrum Disorders

Renforcement:

  • Charlop-Christy, M. H., & Haymes, L. K. (1998). Using objects of obsession as token reinforcers for children with autism. Journal of Autism and Developmental Disorders, 28(3), 189-198. doi: 10.1023/A:1026061220171
  • Graff, R. B., & Larsen, J. (2011). The relation between obtained preference value and reinforcer potency. Behavioral Interventions, 26(2), 125-133. doi: 10.1002/bin.325

 

 

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Sensibilisation aux supports visuels

Tout d’abord merci à Marina Petit pour ses deux visuels, à Rose, Julie pour leurs témoignages et à Cindy, Julia, à Caroline pour sa relecture. Merci encore pour vos nombreux encouragements pour le livre qui est désormais aussi disponible via AFD, FNAC et bien sûr sur Amazon (merci pour vos 10 avis encourageants).

Les supports visuels sont des aides concrètes qui peuvent être utilisées à la place d’une communication verbale pour fournir à l’enfant ou l’adulte, les moyens de favoriser son autonomie, de mieux comprendre les attentes, les lieux ou les activités. On peut diviser les supports visuels en trois grandes catégories (un triptyque) : les aides visuelles, la structuration de l’environnement et les plannings.

Il est intéressant de voir que toutes les personnes TSA ne sont pas sensibles à ce type de support, mais qu’il peut être aussi un moyen de défavoriser l’apparition de ce que l’on nomme vulgairement « des troubles du comportement » ou « comportement défi ». Pour les personnes autistes adultes verbales plus autonomes, j’ai rédigé beaucoup d’outils dans mon guide qui vient de paraître.

Fidèle au triptyque, trois parties sont proposées, les objectifs et les différents modèles, la mise en place et enfin des témoignages. Tout cela ne saurait représenter une méthode prête à l’emploi mais doit inviter vraiment à approfondir ces notions.

Navigation dans le sujet (cliquez si vous voulez vous rendre directement à la partie choisie):

 

I)Les supports visuels : une aide pour les personnes autistes

a) Objectifs et fondements

Il est tout d’abord important de comprendre les fondements des supports visuels :

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Voici en une carte mentale, les objectifs et les différents supports utilisés pour y répondre :

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Quelques études à ce sujet selon les âges :

http://journals.sagepub.com/doi/10.1177/1088357608324715

Voici les trois grands types de supports que nous allons détailler :

La structuration de l’espace :

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Les aides visuelles : Cela peut aller de mots, d’instructions visuelles, d’organisations graphiques, de tableaux de choix, pictogrammes….

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La structuration du temps :

b) Quelques préalables à la mise en place de la structuration visuelle:

Le matériel potentiellement utilisé : Avant d’entrer dans les questions utiles pour la mise en place, voici une liste non exhaustive des besoins en matériel :

  • Velcro
  • Plastifieuse
  • Imprimante couleur + PC
  • Timer
  • Bureau
  • Coison/meubles

Une évaluation utile : La Comvoor

Elle permet de définir si la personne autiste maîtrise les différents niveaux :

  • Sensation : celui-ci est normalement acquis
  • Présentation : faire uniquement le lien entre l’objet et la réalité. Ex : Un verre pour boire
  • Représentation : C’est-à-dire avoir des concepts, un pictogramme ou un verre stylisé représente l’idée de boire
  • Méta-représentation : Inférer ce que l’auteur veut signifier.

Source : https://www.pluradys.org/wp-content/uploads/2011/10/Le-COMVOOR-peltier-atelier.pdf

Comment savoir à quel niveau est l’enfant sans passer la comvoor ?

En testant la capacité de la personne :

  • À appairer, c’est-à-dire associer deux pictogrammes/images identiques :visuel6visuel6
  • À associer un objet concret à son image, sa photo, son pictogrammesmartphone-1957740_1920
  • À catégoriser (associer plusieurs images différentes représentant un même concept)visuel6visuel7

Si l’enfant en est au niveau sensation nous le verrons le planning usuel de type pictogramme sera remplacé par un planning objets qui représentent l’activité :

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Source : http://msdinasteachingblog.blogspot.com

De l’objet au stylisé

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N’oubliez pas, qu’un pictogramme doit se comprendre simplement, le dernier par exemple serait incompréhensible pour la majorité des personnes, y compris celles non autistes (je ne mange pas de fromage à la cuillère). A l’instar de la demande d’aide symbolisée par « ? » ou d’une personne tendant une main secourable pour monter un escalier pour demander de l’aide, l’enfant autiste ne comprendra que peu ces concepts non littéraux. Par ailleurs, même s’il venait à l’utiliser sans plus de précision, difficile d’apporter l’aide attendue. Plus le concept sera abstrait, moins le pictogramme sera utile. 

 

II ) La mise en place

En quelque sorte voici un bref résumé de ce qui servira de trame à la mise en place, mais dans cette partie nous nous contenterons de l’observation :

visuel20.png

  • Structuration temporelle :

Elle sert avant tout à limiter les imprévus et à favoriser des transitions plus simples qui sont souvent difficiles dans l’autisme. Elle doit indiquer concrètement, ce que la personne autiste fera, quand et où elle sera. Les plannings peuvent être textuels, symboliques, photographiques, voire pour les séquences contenir des objets fonctionnels, comme précisé plus en avant de l’article.  Adaptez le visuel, la forme, la taille mais aussi la position en fonction des capacités de l’enfant. Certains enfants ne peuvent voir qu’à leur hauteur, il faut donc que le document soit réalisé en fonction de la capacité à balayer ou non :

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Un autre exemple le trouble de l’attention peut poser des soucis, aussi n’hésitez pas à utiliser flèches et bannettes pour les activités terminées :

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Comment assurer les transitions ?

Un problème majeur y compris dans l’autisme Asperger est de pouvoir changer d’activité, ce délai de latence est fortement éprouvant, y compris pour nous. Passer d’une activité à une autre est compliqué, cela implique une nouvelle activité, la fin d’une activité, des changements d’espace et d’objet.

Aussi voici quelques moyens :

  • Une carte de transition (ou un objet toujours selon la Comvoor) : Cela peut être une carte toute simple ou un objet à remettre sur le planning
  • Une aire de transition : cela peut-être un lieu qui sera désigné et où l’enfant se rendra entre chaque activité.

VISUEL21

  • Structuration de l’espace

Ces limites sont utiles pour permettre de délimiter un endroit et donc une fonction pour un lieu spécifique. Pour les créer, inutile d’investir mais utilisez les limites naturelles (murs), les objets, rubans/bandes :

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Voici un autre exemple, une classe spécialisée dans l’autisme, vous y trouverez à la fois une structuration spatiale, des signaux visuels (exemple la photo de l’élève sur la chaise), le calendrier des activités et bien sûr des signaux visuels (couleurs d’objets, label, etc):

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Une évaluation utile : il est pertinent d’identifier  les hypo et hypersensibilités des personnes autistes  (vous trouverez des visuels et un questionnaire dans le livre que j’ai publié: Lien Amazon

https://aspieconseil.com/2017/02/01/lautisme-dans-tous-les-sens/

  • Les supports visuels : Ils sont de nombreux types et là encore il faut tenir compte du niveau de fonctionnement de l’enfant et de sa capacité à discriminer:

Quelques questions utiles: visuel23

Le Chaînage : Il consiste à diviser une tâche en sous-objectifs pour faciliter l’apprentissage notamment avec une pensée séquentielle comme dans l’autisme. Le chaînage avant implique de guider la première sous-tâche, puis d’estomper, ensuite la 2ème sous-tâche et, le chaînage arrière consiste à commencer par la dernière étape. Dans tous les cas ici la division en sous-objectifs facilite la compréhension de la personne. Attention à bien détailler, et à être bien compris.

Un autre exemple pour favoriser l’autonomie à l’habillage :

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Là encore, si demain l’enfant n’a plus à porter de pull, il se peut que ce schéma devienne problématique.

  • Observation et estompage :

Si la personne n’adhère pas à la structuration au bout d’un certain temps, voici quelques idées :

  • Le support visuel doit être réadapté (peu clair, inadapté, forme de représentation mal choisie)
  • Les besoins ont été mal identifiés
  • La guidance est trop faible
  • Le visuel peut poser problème dans sa forme (troubles neuro-visuels) ou tout simplement toutes les personnes autistes n’y seront pas sensibles de la même façon

Estompage : C’est le point le moins abordé et pourtant l’un des plus importants, si dans le séquentiel, on peut vite s’en passer, comment aider l’enfant à estomper un planning ou une structuration ? D’abord il est important de savoir que la guidance visuelle demeure la moins forte.  Toutefois il est possible quand les comportements sont acquis avec les supports visuels, de retirer une cloison, de ne mettre dans le planning que les choses importantes. Pour les séquentiels rapidement l’enfant aura acquis la pratique et lui-même ne se réfèrera plus au visuel.

  • Quelques exemples :

un premier pour guider sur un choix d’objet,  un deuxième  pour travailler les catégories :

Et même du visuel pour préparer à une situation  (Merci à Armelle MOTET-FEVRE)

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III) Quelques témoignages :

  • Julie : une personne diagnostiquée Asperger (formée Teacch chez Pro aid autisme)

J’ai de grosses difficultés au niveau des fonctions exécutives et le matin, quand je me lève, il m’est très difficile de m’organiser pour faire les tâches nécessaires (m’habiller, préparer mon fils.). J’ai tendance à tourner en rond, à  « brasser de l’air »comme on dit et à perdre énormément de temps. Cela est source d’anxiété qui aggrave encore plus mes difficultés à planifier et à exécuter les tâches.

Pour tenter de remédier à cela, j’ai créé un support visuel avec le déroulement de ma routine. Dessus, il y a les tâches à cocher au fur et à mesure. Je le suivais scrupuleusement au début, cela m’a permis d’automatiser les tâches et je n’ai plus tant besoin de le suivre maintenant. Le point négatif, c’est que quand il y a un imprévu or ce n’est pas noté dans le support, je suis déboussolée. Par ailleurs, je n’avais pas pensé à y mettre l’instant où je vais à la toilette, du coup, je n’y pensais pas malgré mon besoin et je me retrouvais dans l’urgence de devoir y aller. J’ai dû travailler ma flexibilité mentale pour me permettre d’y aller dès que j’en sens le besoin même si ce n’est pas noté dans le support.

  • Rose : Maman d’un enfant autiste (formée Teacch chez Pro aid autisme)

AspieConseil: Qu’avez-vous mis en place ?

J’ai mis en place un emploi du temps semaine et quotidien. Un séquentiel habillage un autre brossage de dents et encore un pour l’autonomie, par exemple prendre la douche tout seul. Je dois réévaluer et adapter à nouveau au fur et à mesure des évolutions et de mes erreurs. Ainsi, j’ai fait une erreur dans les étapes et la représentation spatiale de son corps et de l’ordre des actions des parties à nettoyer. J’ai ensuite réalisé un séquentiel spécial cheveux. J’ai ensuite organisé un chaînage avant et il a pu se débrouiller totalement seul dès la troisième fois. Actuellement je travaille sur l’autonomie du choix des habits en fonction de la météo.

AspieConseil: Que cela vous a-t-il apporté ?

Adrien a rapidement pu se saisir des supports. Diminution quasi totale des TC. Si échec c’est que la structuration est défaillante dans l’enchaînement. Il est apaisé car il sait ce qu’il doit réaliser comme tâches et quand. Cela a permis beaucoup plus de souplesse dans son fonctionnement.

AspieConseil: Quelles sont les limites ? (Estompages, …)

En ce qui concerne les limites et bien je dirais comme tu l’as évoqué l’estompage pour certaines tâches. Souvent en lien avec les profils de personnes TSA avec déficience intellectuelle en particulier ceux qui ont bénéficié des apprentissages à un âge avancé (adulte à partir de 20 ans). Malgré cela les capacités sont impressionnantes. Il y a plusieurs facteurs de non-réussite par rapport à l’estompage…. Mais si en amont on a bien pensé et créé le support le risque est beaucoup plus faible. Et l’apprentissage devient efficient. Acquis et généralisé.

Conclusion :

Au regard de ces témoignages, j’espère vous avoir fait prendre conscience de l’importance de l’outil visuel. Dans tous les cas, sachez que les supports de ce type sont un des nombreux outils à la disposition de l’intervenant et qu’ils doivent être utilisés avec d’autres approches. Il n’y a pas de supports qui fonctionnent tout seuls, ils demandent un travail d’encouragement, de maintien, de régularité pour que la personne puisse s’en saisir.

Un point d’importance, la guidance visuelle ne bloque pas l’apparition du  langage. Ce n’est pas parce que vous empêchez à une personne autiste d’accéder à la nourriture, qu’elle va prononcer « j’ai faim ». Vous le ferez mourir de faim, c’est tout ce que vous aurez réussi à faire. A l’instar de PECS©, la structuration visuelle ne défavorise pas le langage, elle permet au contraire de l’accompagner et s’il est déjà là elle facilitera la fluidité.

Enfin et c’est toujours le but de ce blog, un support doit être réalisé pour la personne autiste et si possible avec la personne autiste. N’hésitez pas à co-construire quand cela est possible.

Le facebook d’AspieConseil pour connaître les actualités, avoir des nouvelles, n’hésitez pas à liker et à vous abonner:
https://www.facebook.com/Aspieconseil/

Et si vous doutiez de sa pertinence, cette petite BD humoristique saura vous en convaincre:

BD support visuel

Ressources :

D’une classe à l’autre : https://www.autismediffusion.com/PBSCProduct.asp?ItmID=21202219

Les pictogrammes : https://www.lespictogrammes.com/

Livre d’initiation : https://www.autismediffusion.com/PBSCProduct.asp?ItmID=25606245

Logiciel :

Picto selector :

https://www.pictoselector.eu/fr/

Formation :

http://proaidautisme.org/le-programme-teacch/