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Groupe d’habileté sociales : L’apprentissage de la neurotypie à destination des autistes ?

Le titre peut sonner comme un buzz des magazines scientifiques, tant il s’inscrit dans une polémique. Mais ce choix ne tient rien au hasard : j’avais en tête cette opposition classique souvent formulée par le « haut du spectre ». Aussi vais-je, comme à mon habitude étudier cet accompagnement. Je tiens à préciser deux points : je coanime un groupe sur Orléans depuis le début d’année scolaire et je fus participant à un groupe de ce type au Centre Expert de Créteil. Même si, selon l’expression courante « je suis juge et partie», je m’attacherai à garder un sens de l’objectivité et de soulever les problématiques intrinsèques de cet accompagnement.

Dans mon dernier article Cartographier l’autisme en schémas pour mieux l’accompagner, je le précisais, l’autisme n’est pas qu’un « simple » handicap social, toutefois il est clair que c’est en général la sphère la plus touchée. Cette préconisation me semble donc appropriée si elle intègre des outils et une sociabilité personnalisée qui respectent les spécificités inhérentes au diagnostic d’autisme.

La première partie décrira les objectifs d’un tel groupe, la seconde le déroulement, et enfin la dernière partie abordera les critiques du modèle classique et comment répondre au mieux, bref il faut respecter le triptyque désormais traditionnel de ceux qui me suivent.

I) Les Objectifs  d’un groupe d’habiletés sociales

Les groupes d’habiletés sociales touchent diverses pratiques :cc3922b09c5111e7b4725721aead9da7.map (1)

Ces pratiques peuvent avoir un impact autant sur :

  • la communication
  • le comportement
  • Le bien-être de la personne.

Ainsi si on prend la régulation émotionnelle, elle offre  :

  • Une meilleure identification des ressentis corporels (prémisse d’un meltdown par exemple)
  • L’expression à des tiers qui peuvent consoler au besoin ou aider à changer l’environnement
  • Une régulation verbale qui permet de calmer un sentiment de crise.5ebfc3809c7211e79b6f1b79c1c36920.map

Très souvent, les enfants autistes affichent « des troubles du comportement ». Ces troubles peuvent avoir comme antécédent, leur incapacité à exprimer leur souffrance environnementale. C’est pourquoi avec la communication alternative ou orale, certains troubles peuvent disparaître. Les habiletés sociales peuvent donc être un processus de régulation émotionnelle. Elle peut aussi favoriser des techniques de coping, c’est à dire un ensemble d’efforts cognitifs pour anticiper et agir par rapport à un stress potentiel.

II) Le déroulement d’un groupe d’habiletés sociales :

J’y reviendrai en 3eme partie, mais hélas beaucoup de groupes de socialisation se déroulent à l’instar d’un cours de mathématiques, avec de la théorie suivie d’exercices pratiques. Voici la forme que peuvent prendre certains groupes surtout pour les adules :

Le cadre thérapeutique s’articule selon le schéma suivant, il a comme avantage de tenter de déconstruire les résistants au changement (Autisme Asperger, changer???), mais il souffre de décontextualisation et ne s’approche pas assez du réel.d6177af09c7111e7831537dc274ad5e6.map

Ainsi le déroulement d’un groupe d’habiletés sociales adulte est souvent proche du schéma formulé suivant:eb8c8aa09c8111e7a94ec799d9d7befe.map

III) Écueils possibles liés à l’ entraînement aux habiletés sociales

1) Une société idéalisée

Lors du groupe d’habiletés sociales du centre expert de Créteil, j’eus souvent l’impression que le neuropsychologue, pourtant très au fait de la société, et particulièrement spécialisé dans l’autisme, me dépeignait une société idéalisée. Il ne fallait jamais émettre des critiques générales, une fois la critique énoncée trouver un compromis gagnant pour tous. La manifestation de l’empathie sociale (voir attendu ici : La critique: une pédagogie du progrès) était l’expression d’un réel souci de l’autre, tant j’y voyais seulement de l’automatisme « hum hum pas facile » et à la fin un « n’hésite pas à me contacter si tu en as besoin » qui n’était pas du tout contractuel. A ce stade, je dois avouer avoir songé que 99% de la planète aurait eu tout interêt à suivre des GHS, mais que seuls nous devions agir comme si la personne en face était a-priori bienveillante. Voilà pourquoi, tout au contraire, je donnerai au cours des groupes, les moyens de repérer la malveillance chez autrui, et décrirai la société non telle qu’elle devrait être, mais telle qu’elle est pour agir au mieux fort de cela

2) La faiblesse pratique :

C’est hélas l’un des plus gros points négatifs, les habiletés sociales ne s’apprennent pas comme les mathématiques et si un participant peut le temps de 5 minutes mimer parfaitement l’empathie, il est fort possible qu’il ne sache pas exploiter cela dans la réalité de la sociabilité.

Il est nécessaire en effet :

  • d’identifier que la situation nécessite de l’empathie
  • savoir écouter tout en plaquant la méthode « empathie sociale »

Comment palier ce problème ? voici quelques astuces :aa7862a09c8111e7a94ec799d9d7befe.map

3) Respecter les spécificités de l’autisme

Il serait vain en très peu de cours, d’obliger des personnes autistes à mimer les expressions faciales. La scène suivante pourrait expliciter de façon simple, l’inanité d’une telle pratique : la personne apprend une mauvaise nouvelle. Elle devrait aussitôt songer « je dois prendre un regard vide embué de larmes » pour répondre à l’attente sociale de souffrance affichée. Il faut donc trouver une sociabilité personnalisée pour que la personne, si elle n’est pas capable d’exprimer de façon non verbale une émotion, puisse le faire autrement.  Deux étapes sont nécessaires :

  • Identifier ses propres ressentis et dans l’hypersensibilité, ce n’est pas toujours simple à décrypter
  • Ensuite tenter de l’exprimer verbalement ou de façon non verbale par un moyen compréhensible par tous, par exemple par la communication alternative (thermomètre de l’humeur, roue des émotions)

De même que si je n’ai pas de contact oculaire avec une personne, j’ai appris par la prosodie (intonation) et par le contexte à inférer souvent de façon exacte son état mental. Il faut donc proposer une sociabilité adaptée à la personne autiste. Faute de quoi, le groupe d’habiletés sociales n’aura servi à rien puisque passé ce moment, les personnes auront l’impression de devoir sans cesse réapprendre une langue étrangère qui n’a rien de naturelle.

4) intégrer des scénarios sociaux :

Les scénarios sociaux sont de courtes histoires écrites pour des personnes autistes qui permettent d’anticiper des réponses adaptées dans un contexte (Grey 1996) par exemple:
http://www.lespictogrammes.com/scenario-fr.php
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Conclusion

Tout n’a pu être abordé, mais là est l’apport théorique. Sans doute aurait-il été congru (j’aurais pu idoine, mais j’avais envie de changer) de s’interroger sur l’apport du GHS dans le cadre d’un autisme modéré ou sévère, de discriminer les différents programmes possibles en fonction du niveau. Aussi je présente en fin d’article des sources bibliographiques ou internet qui devraient satisfaire votre curiosité. L’entraînement aux habiletés sociales est fructueux lorsque celui-ci est mené dans le respect des spécificités de l’autisme et dans une vocation d’être pratique avant même d’être théorique.

Bien entendu, cela dépendra toujours du handicap sociale de la personne, de son appétence sociale, faible chez moi. Les GHS ne sont donc pas une méthode pour transformer les personnes autistes en NT, la personne autiste ainsi pourra concevoir une communication personnelle, ensuite libre à elle d’initier des conversations ou pas. Comme le suggèrent assez justement les recommandations HAS adultes, après tout la personne autiste doit demeurer le moteur et le décideur de son accompagnement.

Vous pouvez vous abonner à ma page facebook, je mets quelques tests, des informations à destination des personnes autistes et à leur famille:
https://www.facebook.com/Aspieconseil/

Ps: Merci à Mathilde, pour l’idée de repérer la malveillance chez autrui!

Sources scientifiques:
Baghdadli, A. et Brisot-Dubois, J. (2011). Entraînement aux habiletés sociales appliqué à l’autisme. Issy-les-Moulineaux Elsevier Masson.

Baker, J. E. (2003). Social Skills Training for Students with Asperger’s Syndrome and Related Social Communication Disorders. Shawnee Mission : Autism Asperger’s Publishing Company.

Barry, L.M. et Burlew, S.B. (2004). Using social stories to teach choice and play skills to children with autism. Focus on autism and other developmental disabilities, 19(1), 45-51.
Les schémas en ligne

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La critique: une pédagogie du progrès

 

La seconde partie de l’article sur l’empathie m’a permis de dégager l’idée de créer des fiches simples sur les habiletés sociales pour gérer au mieux les relations. Ce sujet s’inscrira donc dans une vocation très pragmatique: « Comment exprimer une critique? ». La structure triptyque sera maintenue, d’abord il faudra analyser pourquoi émettre une critique avec les résistances qui retiennent de le faire, ensuite il est important d’étudier comment réaliser cela selon la norme sociale. La dernière partie s’articulera autour des erreurs inhérentes à l’autisme et aussi sur la pratique sociale. Bien souvent les personnes autistes pèchent par généralisation ou par expression verbale non contenue. A contrario, parfois ils ruminent ce qui dérange sans mot dire. Pourtant des critiques bien formulées peuvent permettre d’avancer et favorisent notre bien-être si elles aboutissent à un compromis acceptable pour tous.

I) Pourquoi émettre une critique ?

Cet organigramme a pour finalité d’évoquer les raisons qui président à l’émission d’une critique constructive. Dans la partie plus technique, je dissocierai la critique constructive des jugements personnels.
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Mais alors quelles sont les résistances à l’expression de nos sentiments négatifs ? Certains points sont inhérents à l’autisme, d’autres à l’expérience difficile rencontrée et d’autres se retrouvent bien entendu dans la population type. Je ne compte pas discriminer ces points mais plutôt proposer un ensemble :

Critique2

Pour autant, faute d’avoir émis une critique, des sentiments nouveaux et négatifs vont faire jour :

  • Augmentation des insatisfactions et des frustrations
  • Risque d’augmentation de l’agressivité à cause de la rumination
  • Risque d’évitement du problème et des autres
  • Risque de généraliser le problème ou de critiquer avec violence en listant tous les points négatifs.

II) Comment exprimer une critique?

Il est possible de résumer la méthode DESC (Sharon A. et Gordon H. Bower)
D: Décrire les faits
E: Exprimer nos émotions
S: Spécifier les solutions
C: Conséquences et conclusion.

Toutefois, j’ai préféré développer un organigramme. Bien des personnes, dont moi seront opposées à l’idée de commencer une critique par un compliment qui sonne très artificiel. Mais il est important de connaître la norme pour la critiquer et parfois pour s’y soustraire ou non selon les circonstances:

Arbre critique2.jpgCi-dessous, j’explicite quelques exemples qui montrent la différence entre critique d’un comportement et jugement personnel. Il semble important de différencier le comportement de la personne, mais aussi ne pas généraliser le comportement qui dérange.

Jugement personnel

Critique

« Tu es une personne qui critique tout le monde »
« avec toi, de toute façon il y a toujours quelque chose à redire»

« Bonjour, J’ai été affecté par ta critique, je comprends que tu n’apprécies pas mon positionnement mais ne pourrais-tu, s’il te plaît, nuancer tes propos ? Cela m’a blessé »

« J’en peux plus du bruit que tu émets tu ne peux pas manger proprement et en silence »

« Je suis très sensible au bruit, aussi parfois, je suis gêné par les bruits de mastication, ne pourrais-tu, s’il te plait, faire moins de bruit en mangeant? Je suis très sensible au bruit »

« Tu es bordélique », L’exemple lu sur un groupe que je gère et qui fut l’initiateur de mon sujet. Il n’y a pas de critique simple et acceptable, mais je propose une solution, même si je pense que le mieux est de se taire

«lorsque des objets traînent, cela me créé un trouble attentionnel. Aussi, peut-être avec moins d’objets présents sur votre bureau, je pourrais mieux vous répondre et je serais moins distraite »

De mon côté, je suis extrêmement critique. Comme je n’arrive pas à inhiber des détails, je ne peux pas observer la cohérence globale. Ainsi, malgré une certaine phobie sociale, la moindre opposition dans une conférence entraînera une question qui sonne en fait comme une critique. En attendant, je ne pourrais plus écouter le discours, et je me remue sur ma chaise prêt à décocher ma question acerbe. Autant dire que ça m’a valu bien des problèmes, et je suis régulièrement bloqué par des personnes sur Facebook.

III) La critique dans la pratique :

Quelques écueils importants qui méritent d’être soulignés :

  • La légitimité de la critique : Dans un groupe d’habiletés sociales Asperger, une personne narrait qu’elle ne supportait pas qu’un collègue utilise deux fois la même intonation de voix. Cette pratique quoi que gênante pour elle, ne pourrait faire l’objet d’une critique, d’abord parce que la personne qui la reçoit n’aurait pas les ressorts pour changer, puis par ailleurs elle demeure trop atypique pour être comprise. La critique doit être vue comme une manière de développer le bien-être de tous et particulièrement le vôtre, et pas comme l’expression d’un jugement négatif.

  • Émettre une critique sur un ton négatif : La prosodie (l’intonation est importante), élever la voix peut renforcer l’idée de jugement.

  • Soyez spécifique : Une critique à la fois et toujours ainsi, si vous transgressez ce principe, l’autre se sentira accablé, et ne saura comment agir. Par ailleurs, cela aide à prioriser les problématiques.

  • Si le problème perdure : inutile de revenir tout de suite sur le sujet. D’abord il faut un temps pour progresser, ensuite il est primordial de se rappeler que l’autre est seulement invité à changer. Par contre, il est possible toujours avec la même façon, d’effectuer une autre demande pour lui rappeler que son comportement est dérangeant pour vous.
  • Faites un suivi des progrès, par exemple de la même façon que l’ABA, il est utile d’encourager toute prise en compte de votre crituqe

  • Évitez d’émettre une critique devant un tiers, ou pire de le faire pour un autre. Le témoin risquerait de prendre parti et celui qui en fait l’objet pourrait en prendre ombrage

Ici, vous trouverez deux manières d’aborder la critique, la première qui ne produit rien en terme de changement si ce n’est créer une tension :

L’approche autistique qui est souvent la mienne n’est pas non plus celle attendue. Elle se contente d’être factuelle, elle est reçue comme un jugement car elle ne donne pas les moyens de changer l’objet :
autisme

Bien sûr, tout ça peut paraître caricatural puisque cela sert un propos, mais voici dans l’idéal comment une critique devrait se dérouler :

Nous n’avons abordé que l’émission de la critique, car elle est la plus difficile pour les personnes autistes. Cette conclusion pourra sonner comme un leitmotiv, mais il est évident que la critique s’inscrit aussi dans des règles sociales attendues. Aussi j’estime qu’il faut trouver des lieux où la critique plus factuelle, plus autistique est possible. Cet exercice social doit donc être réservé aux relations dans le cadre socioprofessionnel. L’avantage d’émettre une critique normée est d’engendrer plus souvent un changement de comportement si celle-ci est bien formalisée. Ainsi, comme dans les sciences comportementales, plus vous réaliserez cela, plus vous serez gratifié. C’est pourquoi je vous conseille de commencer à critiquer d’abord quand l’enjeu n’est pas important ou bien d’utiliser des tableaux pour dissocier simplement jugement et critiques. Ensuite vous pourrez plus facilement trouver des compromis et favoriser votre bien-être.

Ps : Vous pouvez aussi exercer votre critique à l’endroit de cet article, mais si vous me notifiez mes fautes de frappe, n’hésitez pas à me donner les lignes pour que je puisse les corriger.

Remerciements à Perrine pour avoir critiqué mon schéma, et à Béatrice qui m’a fait ajouter des formules de politesse et nuancer mes critiques, cela est fort utile d’avoir des amis Neurotypiques

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Quelques liens utiles sur le sujet:
la méthode DESC

 

La critique par wikihow

 

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L’empathie et l’autisme, comment manifester l’empathie? (II)

Au terme de la première partie scientifique L’empathie et l’autisme, aux sources scientifiques du conflit (I), mon avis est le suivant : les personnes autistes ne manquent pas d’empathie et même si tel était le cas chez des personnes du spectre, leur principal défaut est de ne pas mimer convenablement une conversation empathique. Hélas, dans une société où le savoir-être est une valeur éminemment supérieure au savoir et au savoir-faire, cela peut se traduire par une exclusion. Au même titre qu’un bon produit avec une mauvaise publicité ne se vend pas, la personne qui ne sait pas manifester de l’empathie pourra être mal perçue ou même considérée comme un sociopathe.

Très souvent, et ce sera l’un de mes rares témoignages, ma femme déclare que j’ai l’empathie d’un lave-vaisselle ». Je crois que ce qui peut la conduire à penser cela, est ma faible manifestation de la compassion sociale attendue. Une certaine méconnaissance des règles sociales peut être perçue comme une antipathie. Ceci en dépit d’une compassion est réelle mais maladroitement exprimée. De même, au moment des attentats ou des inondations dans ma localité, ma première pensée et mon espérance furent que cela n’allait pas altérer mes rendez-vous au centre expert. Mais cette angoisse passée, j’ai commencé à m’interroger rationnellement sur les conséquences de ces phénomènes. Il est peut-être notable que certaines personnes dans le spectre ont un délai de latence et une empathie à retardement.

Aussi vais-je décrire comment avoir une conversation normée et attendue, ce qui constitue avant tout un apprentissage social..

I) Pourquoi manifester de l’empathie :

Le manque de compassion pour la souffrance n’est pas la problématique majeure, mais parfois la mauvaise compréhension situationnelle ou l’expression sociale inattendue peuvent générer des malaises, quiproquos, malentendus. C’est pourquoi, il est important que vous compreniez les raisons de la manifestation empathique et ce qui peut l’entraver

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II) Les blocages dans la manifestation empathique :

  1. Ne pas comprendre la demande empathique : Nous pouvons oublier de contextualiser faute d’avoir inféré le bon état mental. La prosodie (l’intonation) ou des faits visuels comme les larmes permettent de percevoir une souffrance.
  2. L’hyper-rationalisation : Beaucoup de personnes attendent une écoute et en tout cas très rarement une approche rationnelle de leur souffrance
  3. Donner une solution trop précocement et ça je dirais que c’est un travers assez courant dans l’autisme ou forcer une solution « si tu ne fais pas ce que je te dis, tu ne risques pas de t’en sortir »
  4. Minimisation des émotions de l’autre « je m’en fiche » (réaction apathique)
  5. Envahissement personnel des émotions de l’autre au point de ne pouvoir l’aider (contagion émotionnelle/sympathie)
  6. Malaise devant les sentiments et états d’âme de l’autre
  7. Sentiment d’impuissance face aux difficultés de l’autre
  8. Blâmer ou juger « En fait c’est quand même un peu de ta faute, tu aurais dû agir autrement préalablement »

Quelques écueils illustrés pour bien comprendre des erreurs dans la manifestation empathique, les exemples quoique adaptés sont bien réels mais ne sont pas propres à l’autisme, ils se retrouvent plus dans le spectre :

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Dans cet exemple, la tentative d’empathie est réelle. Mais le manque de compréhension des usages des condoléances compromet le discours. Par ailleurs, la personne a beaucoup de mal à inférer que l’autre va mal. Il plaque une chose entendue en pareilles circonstances.

Un autre exemple de problématique de forte rationalisation qui peut choquer celui qui attend juste une écoute :
autisme.jpg 

Sur le même thème issue de Wikipedia :


Un dernier exemple qui souligne cette tendance à ne pas savoir que répondre devant un fait, ici un chien est mort, c’est bien triste mais c’est un fait, que dire ? (transition parfaite nous allons le voir après):

empathie3.png

III) La conversation empathique selon les règles sociales

 

Ce schéma explicite comment mener une conversation empathique :
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Au regard de ce schéma, vous comprenez pourquoi pour nous,  ce type de discussion devient une règle étrangère à réapprendre, à devoir connaître. Il nous faudra penser aussi bien à nos attitudes (contact oculaire), mais aussi à la reformulation et bien entendu à comprendre le fond. La moindre précipitation dans la réponse peut conduire aux écueils dessinés plus haut.

L’écoute active, comme le suggère le schéma, est ponctuée de relances, mais elle se fonde aussi sur un langage corporel :

  • L’empathie nécessite une proximité avec la personne, il y a une notion d’aparté, positionnez vous près de la personne (30 cm), de face
  • Regardez dans les yeux la personne, là encore beaucoup de personnes autistes dont moi-même auront du mal à exécuter cela. A défaut, tentez de maintenir un semblant de contact, regard furtif toutes les minutes.
  • N’hésitez pas à multiplier les marques de détresses (« pas facile », hochement de tête), malgré le caractère artificiel de la pratique, les personnes sont encouragées à exprimer ainsi leur détresse
  • selon vos capacités, il est possible d’offrir une marque d’affection physique (embrassade, poser une main)

Tâches possibles pour travailler l’empathie :

Exercice 1 : Travailler les postures, s’entraîner à prononcer les phrases devant un miroir permettent de préparer la conversation empathique

Exercice 2 : Prenez du temps à analyser des personnes dans votre lieu de travail dans des films où l’émotion est souvent surjouée, ensuite indiquez sur une feuille ce que vous imaginez de ses croyances de ses émotions et comparez avec la suite du film

Exercice 3 : Ici il faut deux personnes ou trois personnes

  • Une personne narre un témoignage personnel avec une certaine émotion
  • l’observateur pratique une écoute active, question, il note alors sur un papier ce qu’il croit comprendre de l’émotion et des croyances du narrateur
  • Si une 3eme personne, la dernière résume l’histoire avec les sentiments

Dans tous les cas, si vous suivez textuellement ce « théâtre de l’empathie », il est impossible de se tromper, puisque vos phrases ne s’inscrivent que dans de la reformulation et encouragement à continuer. Aussi, l’empathie doit être employée dans des lieux où l’attente sociale est importante, par exemple dans le milieu professionnel. D’ailleurs si les personnes Asperger ont quelques peine à converser de manière empathique, elles ne sont que très rarement en demande d’une écoute active.


En conclusion, sans l’affirmer scientifiquement, le reproche adressé aux personnes autistes sur un manque d’empathie me semble infondé. Elles ont une compassion tout à fait dans la norme voire supérieure et peuvent parfois pâtir d’une mauvaise expression empathique.
Je tiens donc à souligner ces deux points :

  • Les personnes autistes sauront proposer et s’engager dans une solution. Par exemple, si ma femme souffre de ma faible manifestation empathique, elle a pu constater à quel point, je fus présent lors de ses problèmes de santé. De même, j’ai pris le temps de compulser la documentation sur ce qu’elle vivait, pour être le plus utile dans cette nouvelle situation. Je dis cela sans orgueil déplacé…
  • Au regard de ce que je lis comme réaction vis à vis de la discrimination des personnes handicapées, comme commentaire navrant sur les actualités, je me demande si la manifestation empathique n’est pas qu’une vaste hypocrisie sociale à géométrie variable. Il est de bon ton de se scandaliser pour une lionne chassée lors d’un safari, tout en continuant de manger du jambon d’un porc émasculé à vif et gavé d’antibiotiques. Les indignations suivent des inclinations du moment et sont souvent très consensuelles, rarement elles reflètent un véritablement positionnement des personnes pour une cause.

Rares seront les fois où je renforcerai « la légende dorée » de l’autisme mais parfois j’aimerais que bien des personnes soient autant actives pour les autres que les personnes du spectre. Il est vrai qu’agir avec vigueur pour les autres nécessite un engagement plus marqué et une énergie plus forte qu’une conversation empathique pour quelqu’un en dehors du spectre.

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L’empathie et l’autisme, aux sources scientifiques du conflit (I)

A force de lire « Les personnes autistes manquent d’empathie », il me semblait important de dresser un état des lieux de ce qui tient du mythe social, de l’hypothèse scientifique et de la réalité. La science est foisonnante à ce sujet, beaucoup de notions ne font pas consensus. Malgré cela, explorer l’empathie sous le regard autistique semble nécessaire.
Certes l’état de l’art est utile, mais la finalité du blog est d’apporter du soutien aux personnes du spectre qui sont souvent isolées. C’est pourquoi l’article sera divisé en deux, une partie théorique et une partie plus pratique. Un conseil cependant, dans la partie qui développe les connaissances, de nombreux tests sont proposés, ceux-ci peuvent être pertinents pour connaître vos besoins. Aussi je ne peux que vous inviter à lire les deux parties.
Bref, fidèle à mon triptyque rituel dans un premier temps, je présenterai les définitions liées à l’empathie (I), une fois cette idée évacuée, deux points fonctionnels et pragmatiques seront envisagés : pourquoi est il préférable de manifester de l’empathie ? Et comment le faire ? (II)

  1. Aspects définitionnels

L’empathie est la capacité à inférer (déduire) ou à observer une émotion chez autrui. Ce phénomène produit une émotion isomorphe (identique) ou tout au moins appropriée chez l’observateur, sans confusion entre son émotion et celle de son interlocuteur. Il doit ensuite réguler ses propres réponses émotionnelles pour pouvoir manifester cette empathie. Avec une telle définition, je perds déjà mon public si réduit donc voici un schéma qui permet d’expliciter les mécanismes de l’empathie :

Empathie 1

 

Ce schéma ajoute quelques précision, pour inférer il faut imaginer ce que l’autre ressent ou pense. On parle alors d’empathie cognitive et de théorie de l’esprit. Ce schéma détaille l’idée, il est important de le comprendre, car ici il s’agit d’une méta-représentation, globalement se représenter ce que l’autre ressent (théorie de l’esprit affective), ce que l’autre croit (théorie de l’esprit cognitive).

Métareprésentation.jpg


Reprenons donc les différentes notions :

L’empathie cognitive: Elle implique la conscience de soi, sans cela il serait impossible de distinguer l’émotion ni de discriminer ce qui vient de soi ou d’autrui. Fort de cela, la personne devient capable d’adopter la perspective d’autrui. Ce type d’empathie serait acquise au cours du développement de l’enfant, elle est directement liée à la théorie de l’esprit.

L’empathie émotionnelle semblerait liée aux neurones miroirs. Elle implique une contagion émotionnelle entre l’observateur et l’observé, elle serait très précocement constatée chez les nourrissons.

La théorie de l’esprit se divise quant à elle en théorie de l’esprit cognitive et théorie de l’esprit affective. L’empathie cognitive et affective s’apparentent respectivement à une métareprésentation des croyances d’autrui et des émotions :

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( Document traduit issu de l’étude ci-dessous:  http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0010945209001464)

Quelques définitions qui s’approchent de l’empathie mais qui n’en sont pas :

  • La contagion émotionnelle : une personne éprouve le même état qu’autrui sans conserver la distance nécessaire (ex : le rire)
  • La sympathie : La réaction est présidée par un comportement moral, altruiste

En résumé :

  • L’empathie émotionnelle = « Je reçois l’émotion de l’autre »
  • L’empathie cognitive = théorie de l’esprit affective = « Je me fais une représentation de ce que l’autre ressent » 
  • Théorie de l’esprit cognitive = « Je me fais une représentation de ce que l’autre croit ou pense »

Certains diront si j’avais su, je n’aurais pas lu le reste et je me serais contenté du résumé, je le conçois aisément mais ça aurait gâché le plaisir de l’intellect. Les définitions sont comprises, très bien mais alors où est la faiblesse autistique dans l’empathie ? Et bien là encore le flou est de rigueur :

Empathie hypothèse
Je ne peux évoquer toutes les recherches, tant leur nombre est grand et tout ce qui pourrait donner l’impression d’une plus faible empathie. Mais une hypothèse possible serait le manque de contextualisation, mais qui peut être travaillé si on respecte le formalisme de la conversation empathique (voir Partie II)

Avant de conclure, voici quelques tests présents sur le net que je vais détailler :

  • https://fr.wikipedia.org/wiki/Test_de_Sally_et_Anne Ce test est plutôt reservé à des personnes d’un âge peu élevé mais il faut que je vous l’avoue, je l’ai échoué. Il permettrait de mesurer la capacité à inférer de fausses données à autrui et donc de mesurer la théorie de l’esprit cognitive.
  • http://www.cygnification.com/test-d-empathie/ Celui là est nettement plus utilisé pour les personnes en âge avancé et notamment dans les CRA. Aussi je vous le dis, ne le réalisez pas si vous comptez vous inscrire dans une démarche de diagnostic. Dans tous les cas si vous le réalisez, ne procédez pas par élimination. Une faible reconnaissance des visages, implique souvent une faible capacité à reconnaître le langage non verbal.
  • Lien vers le test des faux pas Ceci est le test des faux pas, fort utilisé aussi dans les CRA il estime la théorie de l’esprit affective. Les consignes, et les solutions se trouvent dans le lien suivant : Consigne faux pas

En conclusion partielle sur la partie théorique, il est difficile d’abord de dire si les personnes autistes manquent réellement d’empathie et si oui quels sont les mécanismes qui président à cela. Toutefois à mon avis, une grande partie de la problématique car il demeure difficile d’évaluer l’empathie reste la communication dite empathique. C’est pourquoi si aujourd’hui nous n’avons pas de levier sur le reste, sur ce point précis ainsi que sur la reconnaissance de ses propres émotions, il est possible de travailler.
C’est ce que s’attachera à faire notre prochain article sur pourquoi et comment exprimer l’empathie. N’hésitez pas à commenter, à corriger car ce sujet est fort difficile. Encore désolé pour ceux qui se sentiront perdus devant la pléthore de notions, la seconde partie sera la plus simple et la plus pratique.

Suite de l’article ->L’empathie et l’autisme, comment manifester l’empathie? (II)

 

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Remerciements: Merci à Ade pour son aide scientifique, à Caroline et à Murielle pour leur relecture.

Vidéographie:
Peut on évaluer l’empathie?

L’empathie (généralité documentaire Arte)

Bibliographie:

Processus empathique selon la neuropsychologie

https://fr.wikipedia.org/wiki/Empathie_des_personnes_autistes

Un texte d’une personne Asperger qui développe aussi le sujet, que je trouve intéressant même si les concepts varient:
https://decouverteaspi.wordpress.com/2017/03/25/je-suis-empathie-sympathie-et/

Publié dans Habiletés sociales

Sous exposition / Sur exposition : Une juste nuance à trouver

Un psychiatre que j’ai rencontré lors de mes thérapies personnelles m’a délivré cette sentence « un marathonien pour courir, commence à se dire, je vais jusqu’au bout de la rue, arrivé à celle-ci il dit je vais jusqu’à telle maison etc ». Même si ça semble d’une platitude qui devrait inciter l’auteur à l’humilité, je pense que c’est la phrase la plus pertinente que j’ai entendue en psychiatrie (c’est dire la médiocrité de celle-ci). Aussi je vais commencer ce premier article par expliquer comment éviter deux écueils, la sous-exposition, la surexposition.

Globalement, afin d’évacuer la question de définition, l’exposition consiste à mettre le patient dans une situation anxiogène, qu’elle soit anxiogène à cause d’une phobie quelconque, d’une sensibilité particulière, d’interactions sociales. L’idée repose sur le principe suivant, comme pour une allergie, une exposition graduelle, contrôlée et répétée, peut amener le patient à se désensibiliser

  1. La sous-exposition :

La sous exposition est finalement la pente naturelle que veut suivre la personne en souffrance, face à une situation anxiogène, le mieux est de l’éviter. Je vais expliciter les résistances liées à cette façon d’agir. D’abord le cercle vicieux suivant souligne les risques liés à une telle pratique :

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Afin d’expliciter le risque de sous-exposition, je vais prendre deux exemples vécus :

  • Face à mon incapacité à réguler les situations sociales, je me suis replié, je vivais pendant 4-5 ans dans un appartement de vacances, ainsi seul dans l’immeuble, je pouvais régler totalement mes interactions sociales et les limiter au strict nécessaire. Le résultat fut que 4 ans plus tard, je balbutiais pour demander une baguette de pain, ou un plat du jour dans un restaurant.
  • Aujourd’hui encore il m’arrive de porter des lunettes de soleil, comme d’autres portent des casques anti-bruits, si je commence à en porter, j’ai envie de les garder dans toute situation, la moindre lumière devient agressive et je voudrais alors les porter même à l’intérieur

L’autre écueil, la surexposition s’avère être le pendant du premier, car il génère les mêmes pratiques

  1. La surexposition

La surexposition est une pratique relativement courante chez les personnes autistes. Face à une situation inacceptable, le handicap, elles vont chercher à lutter férocement contre ce dernier quitte à générer de l’anxiété voire un burnout ou un meltdown (une « crise »).

Ce schéma souligne de façon simple ce qu’engendre la surexposition, une surexposition consisterait à se rendre à un hypermarché un samedi quand il est possible d’agir tout autrement

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Je vais prendre deux exemples symptomatiques de la surexposition :

-Une amie facebook qui va lire ce blog en premier, me narrait une façon d’agir. Elle se donnait des défis réguliers, cela pouvait consister à participer à une interview télévisée ou bien tenir un discours de témoin à un mariage.  Clairement le risque est le suivant, le défi est difficile à réaliser, anxiogène et finalement ne débouche sur aucune finalité concrète. Même lorsque le défi est réussi, rien ne change pour le quotidien de la personne. Aussi cette pratique est inepte et dangereuse pour la confiance en soi.

– Une autre personne dans un groupe de thérapie narrait que les premiers jours, elle donnait le change, rigolait à la machine à café, amenait des croissants. Puis très rapidement, la fatigue faisait qu’après une semaine, elle délaissait ses collègues, s’isolait et devant l’incompréhension de ses collègues finissait par démissionner. Là le problème est double, d’abord l’exposition est trop forte, ce qui génère fatigue, ensuite les collègues ne peuvent comprendre ce revirement soudain et forcément vont être juges de cette situation.

Ainsi, nous arrivons à la partie que vous attendez tous, enfin à la partie finale, l’exposition contrôlée :

  1. L’exposition contrôlée :

Une parabole que j’utilisais souvent pour parler du harcèlement moral insidieux était la suivante, une grenouille était chauffée dans un bain bouillant, vivante elle supportait la chaleur basse, puis à peu la chaleur montait, et elle finissait par mourir. Ce bel exemple plein d’optimisme, démontre quand même une chose, toute personne peut supporter des situations inconfortables pour peu qu’elles soient progressives. Le but ici n’est pas de provoquer des situations artificiellement inconfortables, malgré tout.

Il est possible aussi pour les personnes les plus en souffrance, de simplement commencer par imaginer une situation anxiogène et de la déconstruire. Un exemple de pensée inconditionnelle que j’ai pu avoir :

« j’ai peur de perdre mes cheveux » : se poser la question mais que se passerait il si tel était le cas ? → je deviendrais chauve-> alors je serais moins charmant, ma femme me quitterait et je me retrouverais seul.
Dans l’absolu, le schéma est ridicule, mais il tient aussi avec « j’ai peur que les gens me jugent », « j’ai peur d’avoir mal fermé ma porte ». L’important ici est de chasser la pensée envahissante inconditionnelle et déconstruire les ressorts de cette pensée déviante. Par exemple, il serait possible déjà d’aller voir un dermatologue et se rendre compte que finalement cette idée de perte est ridicule, ou plus simplement si la peur est fondée, que bien des personnes chauves sont mariées, appréciées et pas moins charmantes que les tiers chevelus. Dans un prochain article, j’étudierais les moyens de déconstruire les pensées inconditionnelles, voici l’article en question (mise à jour): Lutter contre les pensées envahissantes

Je ne peux vous dire à ceux qui me lisent quel est le niveau d’exposition graduée qu’ils doivent mettre en place, mais une chose est évidente, il faut agir pas à pas. Ainsi celui qui ne sort plus de chez lui, peut juste pendant 5-10 minutes se forcer à sortir ou aller acheter une baguette. Il est important que cet effort soit répété dans le temps et s’il le faut il faut grimper à 11 minutes, puis à 12 etc…

Je ne peux être exhaustif car cela risquerait d’alourdir les textes, mais l’important est là se fixer des objectifs petits mais accessibles, et peu à peu les élever en contrôlant son angoisse. Si l’angoisse est trop forte, ne pas hésiter à continuer les efforts, mais à réduire le temps d’exposition tout en déconstruisant les raisons de l’anxiété. Depuis que j’applique cette action, je ne touche plus mes dents pour savoir si elles tombent,  je ne compte plus mes cheveux ni les observe au microscope, enfin je vis mieux mes angoisses la plupart du temps. Voilà le triptyque (il faut obligatoirement que je place ce mot dans tout texte), la sous exposition, la surexposition et la voie du milieu « l’exposition contrôlée ».
N’hésitez pas à commenter, à corriger, à s’opposer, je suis ouvert à la critique que je n’hésiterais pas à déconstruire….

PS : Encore une fois ce message ne s’adresse pas qu’aux personnes autistes mais aussi à tous ceux qui ont des phobies, des TOC ou autre.

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