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Ecran et autisme : Le point sur l’étiologie de l’autisme

Sans doute avez vous entendu parler de cette thèse : « l’autisme est provoqué par les écrans »? Envoyé spécial en fait état après que le Dr Ducanda ait émis une thèse confuse que l’on peut qualifier de virale, tant elle a envahi la sphère sociale.  Je propose d’étudier la question.

Contrairement à mon habitude, le public visé ne sera pas les personnes autistes ou leurs parents mais les personnes moins concernées par l’autisme.  Fidèle au triptyque, une première partie sera consacrée aux causes  de l’autisme (l’étiologie), un second point déconstruira le lien entre écran et autisme, enfin un troisième point expliquera aux personnes non concernées pourquoi les personnes autistes et leurs parents peuvent être fortement blessés par la propagation de cette thèse farfelue.

Avant toute chose, je voudrais reprendre les parties les plus problématiques dans son discours :« Mais c’est vrai que je m’interroge sur l’augmentation fulgurante des cas d’autisme dans le monde entier, surtout dans les pays développés, par rapport à l’arrivée tsunamique des écrans dans la société et dans les familles. », « « Combien d’enfants j’ai vus avec des troubles autistiques diagnostiqués par les hôpitaux qui un mois après n’ont plus de troubles autistiques ? Même l’hôpital Robert-Debré était très étonné. » lien vers les propos du Dr ducanda

I) L’étiologie de l’autisme :

L’autisme est un ensemble de diverses conditions neurodéveloppementales impliquant un fonctionnement différent. L’étiologie est l’étude des causes et des facteurs d’une maladie ou d’une condition. L’idée est la suivante, en comprenant mieux l’autisme et ses causes, il sera plus aisé d’abord de le diagnostiquer de façon plus certaine et ensuite d’envisager de meilleurs accompagnements.

Ces causes sont de deux ordres, d’ordre environnemental, d’ordre génétique. Peut-être, certains se souviennent des débats inné et acquis, cela y ressemble, même si ce clivage est dépassé. Du cancer à la maladie psychique, l’environnement et la génétique forment un tout, l’épigénétique a formellement mis à bas cette différence artificielle. Malgré tout ; il est important de comprendre la dissociation génétique et environnemental

génétiqueenvironnemental

source )

Dans ce schéma, nous savons que la Myopathie de Duchenne est entièrement génétique comme peut l’être la mucoviscidose, à l’inverse le scorbut sera lié à une très mauvaise alimentation.  L’hypertension et le diabète (type II) sont la conséquence à la fois à une génétique, mais aussi à un environnement (l’alimentation, le sport, la sédentarité).

 

L’autisme chez de nombreux sujets autistes est de cause inconnue (idiopathique). D’ailleurs, cette absence de cause a nourri de nombreux fantasmes. Dans la plupart des cas, il sera polygénique (mettant en jeu plusieurs gênes) mais aura subi des influences environnementales qui le rendent multifactoriel. Ce schéma explique en grande partie l’influence de la génétique et de l’environnement :

Etiologie génétique.png

Il existe différentes variations génétiques :

– Des variations génétiques rares mais aux grands effets (noté de novo sur le schéma) qui représentent moins de 5%

– Des variations fréquentes de l’ordre de 50% qui sont héritées (notés facteurs polygéniques)

– Des facteurs inexpliqués qui peuvent être génétiques ou environnementaux. Les facteurs environnementaux ne se limitent pas du tout à la psychologie.  Par exemple, un agent tératogène bien connu est l’acide valproïque et le scandale qu’il a provoqué ( lien vers article). Le terme environnemental ici souligne l’environnement au sens le plus large et non l’aspect psychologique, les agents tératogènes (dangereux pour la grossesse), les infections, l’hypoxie à la naissance, les problèmes liés au microbiote, les perturbateurs endocriniens…

(Source : Le point sur l’héritabilité de l’autisme)

II) Autisme et écran, un biais de sélection

Un biais de sélection désigne une erreur qui consiste à prendre une population trop réduite pour en déduire une réalité globale. Je ne doute pas que ce Dr puisse avoir un souci présent chez les enfants qu’elle a en consultation. Mais elle s’appuie sur des données trop réduites pour en déduire une quelconque vérité générale.

En quelques décennies, d’une naissance d’un enfant autiste sur 750, les pays ont vu ce taux grimper à 1 enfant sur 100, les explications les plus souvent retenues sont :

  • L’élargissement des critères du diagnostic : Le diagnostic étant une évaluation clinique, ce qui est retenu comme autisme n’est pas la même entité aujourd’hui qu’il y a 20 ans
  • Un diagnostic plus fin, aujourd’hui les outils propres au diagnostic sont étalonnés, éprouvés et repèrent mieux les personnes autistes
  • A une meilleure sensibilisation des professionnels médicaux à ce trouble (source)
  • Les agressions environnementales de la vie moderne pourraient augmenter les dommages épigénétiques.

Le Dr Ducanda appuie d’ailleurs sa thèse sur ce problème d’augmentation de prévalence: « Mais c’est vrai que je m’interroge sur l’augmentation fulgurante des cas d’autisme dans le monde entier, surtout dans les pays développés, par rapport à l’arrivée tsunamique des écrans dans la société et dans les familles. ». Posons-nous la question, la surexposition aux écrans peut-elle provoquer l’autisme ? En quatre points, je démontrerai que non. Cela ne signifie aucunement qu’une surexposition aux écrans n’est pas dommageable pour les enfants, tout simplement ce n’est pas de l’autisme.

 

     1) Les troubles du spectre de l’autisme sont précoces et persistants

Beaucoup d’enfants autistes ont des signes visibles bien avant l’âge d’exposition aux écrans. Cette étude statistique sur l’âge de perception des symptômes évalué par les parents tend à le démontrer. Environ la moitié des enfants présentent des signes avant l’âge de 12 mois et -80% avant l’âge de 18 mois.

Deux études viennent confirmer cette thèse, une sur les ondes cérébrales et une autre sur les enfants à risques (frères et sœurs autistes). L’utilisation du smartphone entre 2 ans et 4 ans est donc postérieure aux signes autistiques.

L’autre point important est la persistance du trouble, même si cette phrase peut parfois être utilisée pour abdiquer toute progression, elle relate une certaine vérité : « on nait, vit, meurt autiste ». Un diagnostic évoqué à deux ans est confirmé à trois ans dans 79% des cas : Source. Ceci est confirmé aussi dans cette étude où sur 48 enfants diagnostiqués, 46 ont encore à l’âge de l’adolescence les critères nécéssaires pour un diagnostic (Source)

 

     2) L’autisme a une grande héritabilité génétique :

Dans l’autisme, le facteur génétique semble prédominant puisque deux vrais jumeaux (monozygote) auront entre 70 et 90% de concordance du diagnostic. L’héritabilité (le caractère héréditaire) serait donc située entre 50 et 90% selon les études, cette étude de 2014, la plus vaste jamais organisée, pencherait pour 50% mais cela dépend fortement des critères envisagés : source de l’étude

     3) Ce qu’elle décrit n’est pas de l’autisme:

Je voulais vous citer un exemple donné par le Dr Ducanda:« « J’ai l’autre fois vu un petit garçon de 2 ans et demi qui avait des problèmes à l’école parce qu’il était très agité. Je lui demande comment il s’appelle et il voit mon téléphone sur mon bureau et il ne répond pas à ma question, il me dit ‘ABC’. C’est-à-dire qu’il voit un écran et c’est l’automatisme cérébral qui le fait répéter ‘ABC’. »

Pour mieux comprendre ce qu’est l’autisme utilisons ce schéma, l’autisme est  une évaluation clinique fondée sur ces deux principes :

Autisme DSM.png

 

Le diagnostic d’autisme est posé par des échelles diagnostiques qui ne peuvent guère être trompées par une surexposition aux écrans. L’ADI (voir autre article sur le diagnostic) notamment recherchera dans le passé de l’enfant autiste, les signes de troubles du développement moteur, social, avant l’âge de 36 mois. Cette anecdote ne montre rien si ce n’est que ça n’a que peu de liens avec des manifestations de l’autisme.

    4) La prévalence est équivalente dans des pays où les écrans sont peu présents :

La prévalence TSA au Venezuela représente 1% de la population en 2008 (source : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18308767) . Cette prévalence supérieure à la France était déjà présente à une époque où les smartphones et les tablettes n’avaient pas pénétré dans le pays puisqu’en 2014 (seuls 20% des vénézuéliens possédaient un smartphone contre plus de 50% en France)

III) Mais pourquoi une telle indignation ?

Pourquoi les parents, les personnes autistes sont-ils aussi prompts à réagir à ce discours ? Il est notable que le Dr Ducanda nuance son propos, elle évoque des traits autistiques et non de l’autisme, déclare que certains cas ne sont pas concernés. Quelques raisons expliquent en quoi tout cela est important :

  • La psychanalyse a longtemps accusé les parents et en particulier les mères d’être les responsables de l’autisme. Aujourd’hui encore cela conduit à des placements qui sont 10 fois plus nombreux pour les enfants en situation de handicap que chez les enfants de la population typique (Source éducation nationale). C’est un combat qui occupe les associations de parents depuis des années, qui a engendré et qui engendre aujourd’hui encore beaucoup de souffrances.
  • Cela suppose qu’une guérison de l’autisme est possible, d’abord il faudrait s’entendre sur le terme de guérison dans une condition neurologique particulière. Il est impossible de transformer une condition neurologique en une autre. Par ailleurs, s’il suffisait d’enlever les écrans pour que l’enfant autiste puisse être « plus fonctionnel », beaucoup s’en réjouiraient.
  • Enfin l’autisme bénéficie d’un faible accompagnement, et déjà les sessad, IME, si peu prompts à accepter les recommandations de bonnes pratiques commencent à soupçonner les parents et les interroge sur l’usage des écrans. Dans un pays où l’accompagnement est si faible, que des personnes autistes ne sont que peu scolarisés, où beaucoup d’enfants autistes sont institutionnalisés, entendre des propos aussi confus sur la guérison de l’autisme en un mois demeure difficile à supporter.
  • Dernier point et non des moindres, l’autisme souffre d’un sous-diagnostic, particulièrement chez les enfants mais aussi chez les adultes. Une remise en cause du diagnostic ne peut que participer à cette problématique

Ce petit trait d’humour saura démontrer tout le non-sens de la situation

1516467922.png

 

En conclusion : J’espère avoir su démontrer que le rapport entre autisme et écran est fantaisiste. J’espère aussi avoir su expliquer aux non concernés combien cette allusion fait souffrir aussi bien les parents que les personnes autistes. La surexposition aux écrans ne saurait être bonne pour les enfants typiques et autistes, Télévision lobotomie (Lien vers le livre) de Desmurget en fait état. Pour autant, cet usage intensif ne peut conduire à l’autisme.

Je sais que parfois ce médecin a nuancé son discours en parlant de traits autistiques, ou qu’une petite partie des enfants autistes ne le sont pas. Cela demeure un biais de sélection et ces paroles confuses, sans doute animées par un réel souci de limiter la surexposition aux écrans, ne cessent d’alimenter les remises en cause de diagnostic. Les conséquences sont vives et les familles avec un enfant autiste sont déjà accusées de défaut éducationnel par les proches et même les médecins. Si la surexposition est problématique, je connais de nombreuses familles d’enfants autistes, et l’exposition aux écrans fut souvent postérieure au diagnostic

La culpabilisation des parents s’arrête là où la science commence (oui j’invente des citations 🙂 )

Merci à Julia pour sa relecture attentive et à Adeline pour son aide technique.

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Les images:

 

 

Quelques liens sur le sujet :
http://www.scilogs.fr/ramus-meninges/le-point-sur-la-prevalence-de-lautisme/

www.scilogs.fr/ramus-meninges/le-point-sur-lheritabilite-de-lautisme/

 

 

12 commentaires sur « Ecran et autisme : Le point sur l’étiologie de l’autisme »

  1. Je me suis beaucoup renseignée (et me renseigne encore) sur les effets des écrans, jeux, dessins animés, publicités, projection sur un héros, etc. J’ai lu notamment un livre qui expose les mauvais et bons côtés de chacun en fonction des âges et des utilisations (nuancer l’utilisation addictive et productive, par exemple…). Mais l’autisme…. ? Nah.
    Une mauvaise utilisation (précoce qui plus est) peut effectivement engendrer un isolement de l’enfan, des difficultés de sociabilisation, des retards de langages, des fascinations (pseudo IR) pour des séries, perso etc. Mais ce n’est pas de l’autisme, en effet…

    Belle annalyse en tout cas !

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  2. Bonjour,
    je suis enseignant en maternelle et le débat sur la place des écrans est un débat que je suis depuis longtemps. J’ai regardé avec beaucoup d’attention le reportage d’envoyé spécial et c’est une collègue qui m’a transmis votre article que j’ai lu avec beaucoup d’attention également.
    Je tiens tout d’abord à vous remercier pour la clarté de votre article, il est très bien écrit. Je suis également tout à fait d’accord sur le fait que les écrans ne causent pas l’autisme, c’est un mauvais raccourci.
    Il est vrai que les propos du Dr Ducanda pouvait poser question dans la manière dont ils ont été présentés, mais je pense qu’il faut lui laisser le bénéfice du doute. Ses propos étaient peut etre bien plus clairs à la base, mais le montage a peut être créé des mauvais raccourcis.
    Vous le dites bien, elle a parlé de troubles du spectre autistiques, et je pense que c’est bien le sens de son propos, mais sa langue a pu fourcher après 2h d’interview pour raccourcir cela à de l’autisme.
    Comme vous le dites très bien, les écrans ne fabriquent pas des autistes, mais comme le dit très bien le Dr Ducand, les écrans chez les jeunes enfants créent des troubles qui rappellent ceux du trouble autistique. Et comme nous le disons tous, les écrans sont mauvais pour les jeunes enfants !

    Aimé par 1 personne

    1. Vous avez tout à fait raison et nul doute qu’il existe un problème de surexposition aux écrans. Je pense que le Dr Ducanda a été victime de son succès et d’une réutilisation de personnes qui voulaient remettre en cause des diagnostics ou une certaine modernité.

      Merci pour votre commentaire constructif

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    2. … eh bien, je peux vous dire qu’après avoir constaté les tentatives de communication entre le Dr Ducanda et les familles de parents autistes, elle n’en démord pas du tout… elle affirme même avoir éliminé les troubles de 48 enfants diagnostiqués TSA, ce qui est quand même très lourd comme assertion. De plus, elle soutient publiquement les théories foutraques du Dr Andaloussia (Maroc ou Algérie, on sait pas trop), dont elle trouve le témoignage « très émouvant ». (Andalouissia pense sauver le monde en révélant que l’autisme est soit dû aux écrans, soit à une démission maternelle, et d’autre part, elle affirme pouvoir « éradiquer l’autisme » par des cures anti-écrans et des balades au soleil)

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  3. votre article est interessant, mon enfant a 17mois et on ne sait toujours pas si il est autiste virtuel ou non. Après avoir fait un bilan de psychomotricité et bilan orthophoniste (avec des gens qui connaissent rien a l’autisme) on nous a dit que c’est a cause des ecrans (en nous parlant justement de cette video de madame ducanda) que notre bébé a un comportement qui peut faire penser a de l’autisme (bébé regardais 2h le matin et 3h l’apres midi des dessins sur tablette) que croire? les resultats du m chat sont pas terribles (pas de reponse a son prenom, ne nous donne jamais des objets, ne dit aucun mot) un faux autiste devrait répondre a son nom cest ce que je me dis… si cest « juste » du aux ecrans ca devrait passer avec le temps tandis que le vrai autisme c’est a vie… nous avons 1an d’attente avant d’avoir un rdv serieux a l’hopital robert debre pour être fixé..cest parti pour 1an de questionnement, de doute… vrai autisme, « autisme uniquement virtuel » alalala

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    1. Madame,
      je suis le Dr Ducanda. La meilleure façon de le savoir est d’arrêter tous les écrans pour votre bébé, de jouer avec lui, de lui parler beaucoup, de sortir dehors avec lui. Cela ne représente aucune perte de chance pour votre bébé, aucun effet secondaire négatif d’arrêter les écrans.
      Bon courage
      Anne-lise Ducanda

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  4. Je suis le Docteur Ducanda .
    Allez sur notre site surexpositionecrans.org, des parents témoignent des progrès fulgurants de leur enfant « TSA » après l’arrêt des écrans. J’ai désormais une centaine de témoignages à travers le monde et d’autres professionnels étrangers des milliers. Des centaines d’enseignants, orthophonistes, pédopsychiatres constatent la même chose que nous tous les jours.
    L’augmentation des cas de TSA dans ma ville n’est ni du à l’élargissement des critères diagnostics, ni à un diagnostic plus fin, ni à une meilleure sensibilisation du professionnel : je suis le même médecin, dans la même ville avec les mêmes enfants et les mêmes critères diagnostics depuis 16 ans.
    Vous dites qu’il y a des signes de TSA avant l’exposition aux écrans ( smarpthone 2-4 ans )? mais avez vous compté la télé allumée en permanence au salon en arrière plan dès la naissance de bébé ? savez vous que des parents donnent le smartphone à 3 mois, à 7 mois pour qu’il mange, pour le calmer … ?
    Le diagnostic de TSA à 2 ans se confirme à 3 ans, donc ce serait la preuve qu’il est bien TSA ? Si les écrans sont à 2 ans comme à 3 ans, pas de raison qu’il aille mieux.
    Oui, un facteur génétique existe et on n’ a jamais dit le contraire.
    L’exemple de l’enfant qui dit tout le temps les couleurs n’est pas un TSA, je n’ai jamais dit le contraire.
    Les enfants que je vois ont eu des tests ADOS et ADI.

    Je suis ravie que les SESSAD et IME posent enfin la question des écrans. Il ne s’agit pas de « soupçonner » les parents mais de les INFORMER !! Ils me disent tous : « mais pourquoi on ne me l’a pas dit plus tôt ? »
    Dès qu’un professionnel commence à poser la question des écrans, ils me disent tous ne plus pouvoir arrêter tellement ils ont de cas de surexpositions aux écrans.
    Il n’y aucun perte de chance pour un enfant de tenter l’arrêt des écrans, alors pourquoi ne pas essayer ? demander à tous les TSA l’arrêt total des écrans et on se reparle dans 3 mois.
    Vous avez raison, mon échantillon est petit ( 1000 enfants tous les ans), mais au lieu d’être contre nous, battez vous plutôt pour que le gouvernement lance des recherches. Autre chose, je n’ai aucun conflit d’intérêt avec les industries du numérique, ce qui n’est pas le cas du chercheur, de la pédopsychiatre et du psychologue qui me contredisent et qui sont consultants pour l’industrie du numérique ou qui reçoivent des grosses subventions pour d’autres recherches que les écrans. Renseignez vous sur eux !
    Mon seul intérêt est celui des enfants et de leur famille.
    Très cordialement
    Dr Anne-lise DUCANDA

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    1. Bonjour,

      Merci pour votre lecture attentive de mon article. Tout d’abord, un préambule je suis une personne Asperger mais dans cet article, là ne fut pas le propos, je suis surtout en contact avec de nombreux parents d’enfants autistes et j’interviens auprès de personnes dans le spectre.

      Je trouve qu’il existe une surexposition aux écrans contre laquelle il faut lutter pour tous les enfants (autistes ou non), et j’ai d’ailleurs cité comme vous l’aurez constaté Desmurget et « télé lobotomie ». Je pense qu’une surexposition associée à une sous-stimulation peuvent affecter le développement global de l’enfant. En tant que père, je refuse que mon fils soit exposé aux écrans sans ma présence pour contrôler aussi bien le temps que le contenu. J’éteins même la télévision quand je me rends chez mes parents. Je prends donc pour vrai que votre volonté était celle d’alerter contre une tendance à la surexposition.

      Pour autant, votre discours sur l’autisme ne fut pas toujours clair, vous évoquiez parfois l’autisme virtuel, l’augmentation de la prévalence pour appuyer vos dires. Or, ce que vous évoquez ne tenait pas de l’autisme qui est bien présent avant même l’exposition aux écrans . Cela tenait plutôt d’une sous stimulation dont les symptômes peuvent disparaître si cela est pris suffisamment tôt. Les symptômes autistiques peuvent évoluer dans le cas d’un réel autisme, la personne restera néanmoins toujours autiste, avec des particularités qui lui sont propres.

      Par ailleurs, un diagnostic d’autisme est posé dans des délais toujours plus longs, parfois plus d’un an. Une fois posé les parents rencontrent tantôt l’hostilité, l’autisme est un déficit éducationnel selon la psychanalyse, tantôt l’incrédulité « il parle, il n’est pas autiste ». Par les conséquences du mésusage du terme trop galvaudé « autisme », vous renforcez, malgré vous, ces idées qui n’apportent rien à des enfants réellement autistes qui ne sont pas exposés aux écrans. Cela peut aussi engendré un retard d’accompagnement puisque les personnes penseront que le problème vient des écrans. Beaucoup de gens sont habitués à ne croire que ce qu’ils regardent à la télévision et désormais les accusations sont nombreuses, des proches comme du médical. Mon filleul autiste n’a pas eu accès à des écrans avant 2 ans et peu depuis, un autre enfant dont je m’occupe n’est même pas intéressé par les tablettes. Globalement puisqu’on pourrait m’opposer le biais de sélection, dans les pays où la tablette est peu présente, la prévalence est similaire à la notre.Je pense qu’il serait beaucoup plus approprié de noter la symptomatologie.

      Cordialement,
      Jean-Philippe

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    2. Ils suffirait de faire appliquer les tests psychométriques et les interviews diagnostiques par des professionnels formés Mme Ducanda… les troubles que vous décrivez à longueur de temps dans vos vidéos ne sont que fort superficiellement, assimilables à l’autisme. Dans l’autisme l’incapacité à communiquer est d’abord due à l’impossibilité de décoder les signes sociaux (pas à un retard dans « l’élagage synaptique » comme vous l’affirmez), et à un retard spécifique dû à la difficulté de lier les mots avec leur sens. En outre, les troubles neuro-perceptifs et de l’anxiété empêchent d’entretenir une relation émotionnelle stable avec l’environnement humain. Ces troubles subsistent même en l’absence d’exposition aux écrans. Les auto-mutilations, les crises, les comportements étranges d’auto-stimulation et de découverte perceptive sont intermittents, ils parsèment l’existence et entrecoupent le développement. … le handicap est constitutif. … d’autre part, beaucoup d’autistes sont content de pouvoir s’exprimer, malgré leurs dispraxies des fonctions langagières, à l’aide d’outils informatiques, en les en privant vous ne feriez qu’exacerber les crises…

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